Un nouveau chapitre s’est ouvert dans l’affaire Dangnivo, près de sept ans après les derniers développements judiciaires. Ce mardi 11 mars 2025, le Tribunal de première instance de Cotonou a relancé les audiences.
L’affaire, entourée de mystères depuis la disparition de Pierre Urbain Dangnivo en 2010, continue de susciter des interrogations, notamment sur le timing de cette réouverture.
Après les procès de 2015, 2016 et 2018, l’affaire semblait en suspens, freinée par un manque de preuves tangibles et des recours constitutionnels. Codjo Alofa et Donatien Amoussou, les principaux accusés, avaient saisi la Cour constitutionnelle pour dénoncer la durée excessive de leur détention préventive.
En 2020 et 2021, la Cour a reconnu ces violations, contraignant les autorités judiciaires à relancer l’instruction pour statuer sur la culpabilité ou l’innocence des prévenus.
Retour sur la saga
En 2010, un corps exhumé à Womey avait été attribué à Dangnivo après des analyses initiales. Cependant, la famille du disparu a toujours exprimé des doutes sur l’identité du corps. Une contre-expertise, réclamée depuis des années, a finalement pu être réalisée en 2024.
Les prélèvements, envoyés à un laboratoire français, ont permis de lever le doute et d’avancer sur l’aspect scientifique du dossier. Ce développement constitue un élément clé ayant permis la reprise des audiences.
La tenue de ce procès a également été retardée par des difficultés pratiques. Les avocats commis d’office, en conflit avec l’État au sujet d’arriérés de paiement, avaient suspendu leur participation aux sessions criminelles.
Ce contentieux a été résolu à travers des négociations. Par ailleurs, la convocation des témoins et la coordination des experts ont nécessité un temps considérable, expliquant la longue attente avant la programmation de cette nouvelle audience.
La famille Dangnivo et l’opinion publique espèrent que cette nouvelle session permettra enfin d’élucider les zones d’ombre autour de cette disparition.
Les audiences, qui se poursuivront le 19 mars 2025, s’annoncent cruciales pour statuer sur le sort des accusés et établir les responsabilités dans cette affaire qui tient le Bénin en haleine depuis plus d’une décennie.
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